Aimer à nouveau - Texte de Marina

Publié le 30 Juillet 2015

Aimer à nouveau - Texte de Marina

Message pour mes amies qui posent un pied dans une nouvelle vie

 

Aimer encore, aimer de nouveau, ronronner dans d’autres bras, souffler et se reposer sur une autre épaule…

Comme il est difficile, décidément ce chemin de deuil !

 Pour tout le monde, il a pris fin le jour où nous avons ri, où nous avons chanté et dansé, sommes partie en vacances, avons acheté des vêtements neufs, recommencé à se regarder, à se maquiller...
Voilà, elle a surmonté l’épreuve, réjouissons-nous, diront les vrais amis, elle aura vite fait, diront les autres.

Mais non, le chemin n’est pas fini, c’est juste une nouvelle étape franchie, certes, une étape importante, capitale car elle redonne le souffle, le courage, et la foi en l’avenir.

L’avenir. Mais qu’allons-nous en faire de cet avenir ?

Aimer à nouveau - Texte de Marina

 Avoir envie, c’est bien joli, mais envie aussi de partager, nous ne sommes pas faite pour être seule, surtout quand la jeunesse est encore là.

Et puis, je dirais même plus, nous n’avons pas le droit de rester seule.

Ce que nous avons appris, vécu, engrangé, thésaurisé, cette nouvelle force, cette soif de donner, nous ne pouvons pas la garder pour nous, bloquée au fond de nous, inutile et stérile.

Un regard, une étincelle, un échange et le cœur se remet à battre la chamade. Oups !

Aimer à nouveau - Texte de Marina

Mais le deuil est toujours là et les questions se pressent à nouveau.
Comment ?

Comment est-ce possible ?

Un autre me fait vibrer, trembler comme une adolescente ?

Mais non, c’est impossible, je suis la femme d’un seul homme, je l’ai tellement dit, crié si fort, comme une ultime déclaration d’amour.

Jamais, plus jamais, mon cœur est mort.

 Mais pourtant ce doux, si doux sentiment qui circule dans mes veines et réveille mes sens…
Bon, c’est physique, uniquement physiologique : il faut que le corps exulte, comme dirait J.Brel.

Ce n’est pas uniquement physique, c’est de l’amour.

Ah non. Pas le droit, je ne peux pas faire cela, ce n’est pas … correct. Mon homme, c’était mon homme, lui et personne d’autre.

Que vont dire "les autres" ? Je vais passer pour quoi, moi ?

 

Oui, la femme d’un seul homme, c’est vrai. Cet homme-là a connu cette femme que j’étais. J’avais vécu avant lui, j’avais encaissé les choses de la vie, pris des décisions, fait des choix, grandie… Et c’est cette femme-là qu’il a aimé, avec ses souvenirs, ses acquis, ses blessures.
Je n’ai eu de regard que pour lui, et lui, que pour moi. Les autres étaient fades et sans intérêt.

Nous avons fait tant de belles choses ensemble, nous avons eu une vie, ou quelques années magnifiques simplement parce que nous étions deux, nous deux.

 Il m’a appris l’amour, le vrai, celui qui ne compte pas, qui ne calcule pas, qui donne et reçoit, il m’a nourri de son amour, il m’a appris la confiance en moi, en la vie, en l’avenir. Oui, la femme d’un seul homme.

Et son départ soudain m’a écrasée, laminée, piétinée.

Ce départ m’a détruite … non, ce départ a failli me détruire.
Et aujourd’hui, c’est une autre femme qui affronte le quotidien. Ce que je suis aujourd’hui, c’est l’addition de ce que j’étais avant de le rencontrer, plus tout ce qu’il m’a donné et appris, plus ce que j’ai appris, seule, après lui.

Je suis une autre.

Aimer à nouveau - Texte de Marina

Et cette autre a le cœur qui peut de nouveau s’affoler pour un regard, un sourire, une étincelle, cette autre peut être de nouveau la femme d’une seul homme, même si c’est un autre homme, aimer de nouveau sans trahir personne, sans rien renier.

Parce que tout est gravé dans le marbre. J’étais, je suis et je serais.

Mais le deuil est toujours là. Et avec lui la peur de perdre à nouveau cet amour, la peur d’avoir à affronter à nouveau la douleur, l’angoisse de revivre tout cela.
Mais l’amour, c’est fou, à tout âge et dans toutes les circonstances, cela donne des ailes, cela donne la force de tout affronter, de se « teindre en blonde », de « faire le tour du monde », de « renier ses amis » (ah, non !).
Alors, il faut foncer, et vivre les instants présents comme autant de lucioles qui éclairent le chemin vers demain.

Foncer pour ne pas finir ratatinée et seulement accompagnée du regret de ne pas avoir osé.

Marina

Rédigé par Marina

Publié dans #Textes de mes amis de deuil

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Commenter cet article

Sylvie 15/01/2016 08:49

C'est magnifique.. Mais je le redis, on n'oublie jamais rien.. C'est une tout autre histoire

Isa 30/07/2015 20:00

Merci de mettre des mots sur tout ça... Je n'en trouvais pas et tout ça m'interroge car même s'il est encore tôt je me sens en vie et j'ai envie d'un futur, d'une histoire, de revivre des sensations aussi belles

Véronique 31/07/2015 19:18

Oui Isa, Marina sait trouver les mots pour expliquer les choses et donner de l'espoir

Véronique 30/07/2015 15:30

Merci à Marina de ce joli texte en partage