Chapitre 20 : Deuil de Noël

Publié le 1 Décembre 2015

Chapitre 20 : Deuil de Noël

Décembre 2012 sans lui est une torture quotidienne.

Je reste au creux de la vague tout le mois en encaissant coup sur coup l’anniversaire de ma fille et les 50 ans que mon mari ne fêtera jamais.

Et Noël se profile. Cette année, il n’y aura pas de balades en forêt pour aller chercher le houx et les pommes de pin. La vieille cassette de chants de Noël restera muette et le sapin dans sa boite.

La maison restera triste et sans couleurs comme mon cœur, comme ma vie.

 Les flonflons extérieurs m’agressent, sont en décalage totale avec mon ressenti et mettent ma solitude sur un piédestal.

Le 24 au soir, ma fille et son compagnon arrivent dans la maison morte et voilà qu’ils me portent une plante magnifique : 2 orchidées blanches dans un grand pot rouge avec des petits pots de plantes grasses, du houx. C’est très beau.

Ce rouge vif réveille mon cerveau apathique et voilà que j’improvise une jolie table autour de ce pot scintillant. Une belle table en rouge et blanc et je coure chez la fleuriste qui me solde ses dernières roses rouges.

Au bout de la table, il y aura sa rose, juste pour lui. Petit symbole visible de sa présence, de mon amour, de mes pensées qui le rejoignent sans cesse.

Chapitre 20 : Deuil de Noël

Petit réveillon tout simple, pas très gai mais serein.

Le lendemain, ma fille ainée nous reçoit avec ses grands-parents.  Elle s’est donnée beaucoup de mal pour rendre ce jour de Noël le plus chaleureux possible.

Il est pourtant si différent de tous ces Noël en famille. Il est si proche ce temps des immenses tablées, des rires et des projets.

Et je m’efforce de sourire, de refouler mes larmes. Le manque de lui est cuisant, palpable en ce jour qui pour nous n’a que l’apparence de la fête.

Je reçois des cadeaux faits mains de mes filles et de mes parents. C’est tellement significatif. Chacun a fabriqué de quoi me consoler, de quoi me montrer son affection. Je suis infiniment touchée.

Je tiens le coup jusque dans la soirée avant de m’écrouler la nuit venue dans le lit toujours aussi désespérément vide.

 Ma nuit est courte, j’ai mal partout. J’ai envie de me retrouver seule, de renvoyer le monde mais je fais face à ce nouveau jour.

Chapitre 20 : Deuil de Noël

Mes parents ont annoncé qu’ils fêteraient leurs 50 ans de mariage l’été prochain.

 Il faut accueillir cette annonce si douloureuse.  Il faut faire un effort psychologique immense pour se réjouir sincèrement par eux tout en refoulant cette peine immense de ce qui nous a été arraché.  Mes mâchoires se crispent, les larmes coulent malgré moi.

Je me dis qu’on fêtera un jour nos noces d’éternité.

Que mon amour est immense, il ne cesse de grandir avec le temps qui passe.

Rédigé par Véronique

Publié dans #Le chemin

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Guillaume 04/01/2016 16:02

Bonjour, avant tout je tiens à vous faire part de mes plus sincères condoléances vos textes son très poignant, vous êtes douée pour exprimer votre douleur. Si je puis me permettre j'aimerais partager une vidéo récapitulant les différentes étapes du deuil

voici une courte vidéo récapitulant les différentes étapes du deuil : https://www.youtube.com/watch?v=ggdc5ZB405g

En espérant qu'elle puisse aider.

Véronique 09/01/2016 21:17

Merci Guillaume de ce commentaire et de ce lien. Connaitre les étapes du deuil permet de comprendre que ce que l'on vit et ressent est dans la "normalité" (même si c'est insupportable à vivre).