Chapitre 28 : Il fait partie de l'arbre de nos vies

Publié le 24 Avril 2016

Chapitre 28 : Il fait partie de l'arbre de nos vies

25 décembre 2013,  2ème Noël  

Cette année pour le repas de famille, c’est un retour à la maison à la demande de mes filles.  Juste tous les cinq pour nous habituer à son absence, nous confronter à nos nouvelles données, nous retrouver.   

La maison est vivante, en désordre  avec des serviettes qui trainent partout dans la salle de bain, des chaussures en vrac dans l'entrée, un frigo rempli à craquer, des cavalcades dans l'escalier et des "maman" qui raisonnent à gogo.
Nous avons repris sans nous concerter quelques rituels dont nous étions complétement incapables l'an passé. Le sapin et la crèche ont repris leur place, la table est décorée, les cadeaux bien emballés et je n’ai pas oublié les Ferrero rochers.

Je ne peux pas encore accrocher la couronne à la porte d’entrée. La couronne de l’avent est un symbole de lumière et mon cœur est encore tellement en berne que je ne peux pas égayer l’entrée de ma demeure.

Certaines réactions d’endeuillés peuvent paraitre bizarres alors qu’en réalité  il faut toujours chercher à décrypter le fil de leurs pensées et leur sens caché.   

Tout se fera progressivement, sans me forcer, lorsque je serais prête

Chapitre 28 : Il fait partie de l'arbre de nos vies

Les souvenirs réactionnels se cachent dans les choses les plus anodines. Les larmes m’envahissent lorsqu’il s’agit de choisir et déboucher une bouteille de vin. Autour d’une table de famille, chacun à sa place et son rôle et il faut créer  de nouvelles habitudes, passer le relai aux maris de mes filles.

Les filles ont souvent dit "papa"

et raconté ici et là, une anecdote ou un bon mot.

"Papa aurait dit, aurait fait, aurait bien rit" et moi-même je parle de plus en plus souvent sur ce mode-là. C'est bon signe je crois de pouvoir parler de lui tous ensemble avec le sourire sans être submergés d’émotions.

Il continue à vivre au présent dans nos conversations. Cette prise de conscience est le plus beau de mes cadeaux de Noël.
Je me rends compte que les personnes décédées de la famille font parties de nos vies tout simplement parce qu’elles sont évoquées régulièrement.

Je me rends compte que « je connais » des personnes qui sont mortes avant même que je naisse mais qui vivaient dans les récits de ma grand-mère.

Je me rends compte de la vitalité des transmissions,

de la MEMOIRE de mon arbre de VIE.

Cette idée me rassure, un  jour lorsque j'aurais des petits enfants, leur papy existera, fera partie de leurs histoires. Et les sanglots m’étranglent en écrivant cela.

 Il faut sourire, lui souriait sans cesse.

Je sens bien toute la richesse qu’il nous a léguée, il ne faut pas la gaspiller.

La porte c’est refermée, la maison est de nouveau vide et triste. Il faut bien laisser partir mes enfants dans leurs foyers pour vivre leurs amours et leurs propres destinés.

Je ressens un grand vide et un immense bonheur et je m’endors en pleurs sa photo sur mon cœur.

 

Photo de nous deux retoucher façon oil painting - Photo de couverture : Notre arbre de vie avec nos prénoms en hieroglyphes.

Photo de nous deux retoucher façon oil painting - Photo de couverture : Notre arbre de vie avec nos prénoms en hieroglyphes.

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Publié dans #Le chemin

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