Lit de chagrin

Publié le 11 Juillet 2016

Lit de chagrin

C'est en découvrant cette peinture que je me suis souvenue de ce poème écrit il y a maintenant trois ans. Il était resté inachevé et je viens de le terminer.

Je découvre l'artiste Craig Hanna et son œuvre. Beaucoup de ses portraits m'ont touché.
Il saisit parfaitement la tristesse et la douleur de ses personnages et je me suis reconnue dans "Le lit blanc".



Voici mon poème

Entrer dans notre chambre, s’étendre sur notre lit

Revivre chaque nuit, sa mort d'une seconde.

Allongée à sa place, mes yeux point ne s’exondent.

Un couplet enfantin me revient à l’esprit,                             

Je me noie de chagrin, je veux être engloutie.
Dans le mitan du lit, la rivière est profonde,

Y dormir tous les deux jusqu'à la fin du monde.

 

La tentation est grande de rester alitée,

De vivre recroquevillée, de ne plus me lever.

Mes mâchoires sont serrées, je respire saccadée,

Mes muscles me font mal, je suis écartelée.

J’accouche ma douleur, je veux être délivrée.

De ce travail de deuil qui m’enchaine sans pitié.

Comment ne plus souffrir et ne pas l’oublier ?

 

Bien plus tard dans la nuit, des sanglots apaisés

Viennent libérer mon cœur de son étau serré.

Dormir quelques heures sur la couche lacérée,

Réver qu’il me rejoint dans cette éternité

Où ma vie et sa mort n’ont plus d’avant/après.

Où le sommeil de manque et d’immense chagrin

Me guident chaque matin vers de nouveaux chemins.

 

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Publié dans #Mes poèmes

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